PUDC

Programme d’Urgence de Développement Communautaire

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Située dans l’arrondissement de Yang-Yang (département de Linguère), Tessékéré est un vaste territoire dans le Ferlo. Dans cette zone de transition bioclimatique très étendue, entre le domaine saharien au nord et les savanes soudaniennes au sud, les épisodes successifs de sécheresse, qui ont touché l’Afrique ces dernières années, ont engendré des crises majeures écologiques et humaines.

10 mars 2017

Cette situation, combinée à des facteurs anthropiques, a sérieusement affecté les grands équilibres écologiques, entraînant une dégradation des ressources naturelles et une baisse des productions agricoles.

La situation était compliquée et le désarroi total pour les habitants de cette partie nord du pays. L’eau était une denrée rare, malgré l’existence d’un forage, qui tombait souvent en panne à cause de la surexploitation.

Il y a deux ans, le PUDC a installé l’un des trois plus gros forages qu’il compte à son actif sur l’ensemble du pays. L’imposant ouvrage atteint une profondeur de 270 mètres avec un débit de 260 m3/heure, dispose d’un nouveau château d’eau surélevé de 35 mètres avec une capacité de 1.000 m3 et d’un équipement pour alimenter l’ancien château d’eau de 200 m3 et le système existant.

Depuis, l’eau coule à flots à Tessékéré et dans les villages environnants, permettant aux populations et au bétail d’étancher leur soif et aux femmes d’avoir des périmètres maraîchers.

Aly Thierno Sow : président de l’unité pastorale de Tessékéré : « Le forage génère près de sept millions de recette »

« Nous sommes environ 380 éleveurs dans ce village. Notre activité principale consiste à nous occuper du bétail. Nous vendons nos bêtes à Dahra. Lors de grandes fêtes, comme la Tabaski, nous pouvons aussi bien fournir des moutons aux revendeurs sur place, comme il nous est possible d’aller jusqu’à Dakar pour vendre nous-mêmes nos bêtes. Avec le forage, nous nous en sortons.

Mais il arrive, comme c’est le cas actuellement, que les difficultés viennent du manque de pluie. Les animaux n’ont pas grand-chose à manger. D’ailleurs, le gouvernement vient de nous envoyer 20 tonnes de nourriture pour le bétail, afin de nous soulager un peu, sinon, la situation pourrait être catastrophique.

Nous souhaitons que l’on puisse utiliser l’eau du forage, comme c’était prévu, pour aménager des zones de pâturage. Avec ses 1000 m3, le forage pourrait nous permettre de réaliser des cultures hors saison des pluies. Ce qui réglerait définitivement le problème de l’eau.

Nous avons constaté qu’il y a des failles au niveau des canalisations et l’eau se perd dans la nature. Nous avions un contrat de six mois avec les responsables des installations, mais on a l’impression que le suivi fait défaut. Nous achetons très cher le carburant et n’avons pas le droit de perdre cette eau si précieuse. L’autre souci, c’est que les transhumants, propriétaires de troupeaux, ne paient pas.

Nous sommes en train d’en discuter entre nous afin de trouver une solution équitable. Nous avons besoin de ces ressources pour assurer la maintenance du forage et payer les salaires des ouvriers. Le forage, au bas mot, peut rapporter environ sept millions. Il faut juste que la gestion soit plus rigoureuse et que tout le monde soit concerné. Il y va de notre intérêt commun ».

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Doro : Le talibé baye Niass de Tessékéré

Il se vante d’être l’ami et le compagnon de route de Monsieur le Maire. Mais sa fierté absolue, c’est d’avoir choisi de quitter Saly, la station balnéaire, où il travaillait comme hôtelier, pour élire domicile à Tessékéré, le pays de ses ancêtres. Dans sa vaste concession, véritable havre de paix, il mène une vie simple et respectueuse, en compagnie de sa jeune épouse et de ses trois enfants.

Doro pratique l’élevage et vit de la vente de ses bêtes. Pour lui, le forage joue un rôle important. D’ailleurs, il a pu installer une borne-fontaine en face de son domicile, ce qui lui donne un privilège inestimable.

Avec impatience, il attend la mise en route du réseau de distribution d’eau, afin de soulager la soif de ses bêtes et offrir à sa femme la possibilité de pratiquer du maraîchage. Une activité inimaginable, il y a seulement deux ans, dans cette localité sujette à la sécheresse et au manque de pluie.

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